L'attaque découverte

L'attaque découverte révèle l'attaque d'une pièce arrière en bougeant la pièce qui la masquait. Quand la pièce qui bouge crée elle-même une menace, le coup compte double. Définition, exemples, défense.

Peu de coups d’échecs sont aussi rentables qu’une attaque découverte bien préparée. Le mécanisme est simple à décrire : une pièce s’écarte, et derrière elle apparaît brusquement la menace d’une autre pièce qui était jusque-là cachée. Si en s’écartant la première pièce crée elle-même une attaque, vous obtenez deux menaces pour le prix d’un seul coup. Cette double rentabilité explique pourquoi les combinaisons gagnantes des grands maîtres en sont truffées.

En bref. Une attaque découverte commence par une pièce alignée avec une cible adverse, masquée par une pièce intermédiaire amie. Quand la pièce intermédiaire bouge, l’attaque arrière apparaît. Si la pièce intermédiaire menace elle-même quelque chose en bougeant, l’adversaire fait face à deux problèmes simultanés. Cas particuliers : l’échec découvert (la pièce arrière donne échec) et l’échec double (les deux pièces donnent échec en même temps).

Définition

Le motif met en jeu trois pièces alignées sur la même ligne, colonne ou diagonale : la pièce arrière (à longue portée : fou, tour ou dame), la pièce intermédiaire qui masque l’attaque, et la cible adverse à l’autre bout. La cible reste tranquille aussi longtemps que la pièce intermédiaire couvre la ligne. Mais dès que cette dernière se déplace, l’attaque arrière surgit et frappe.

Position où le cavalier blanc en c3 peut sauter en d5. En bougeant, il libère la diagonale du fou en c1, qui n'est pas encore développé. Mais l'idée est là : si un fou blanc en a3 ou b2 visait une cible noire derrière le cavalier c3, le saut Cd5 ouvrirait l'attaque.

Comme pour le clouage et l’enfilade, seules les pièces à longue portée peuvent porter une attaque découverte. Le cavalier ne peut pas attaquer en découverte (il saute par-dessus, donc rien ne le masque).

La mécanique du coup

Le coup d’une attaque découverte fait travailler deux pièces en même temps. La pièce arrière passe d’invisible à active. La pièce intermédiaire, en bougeant, peut faire ce qu’elle veut tant qu’elle ne reste pas sur la ligne d’attaque arrière.

L’efficacité du coup dépend de ce que la pièce intermédiaire fait en bougeant. Trois cas, par ordre croissant de violence :

Pièce intermédiaire qui bouge sans menacer. Elle libère simplement la pièce arrière, qui prend ce qu’elle peut. Une attaque, un gain matériel possible.

Pièce intermédiaire qui crée une menace. Elle attaque elle-même une pièce adverse en plus de libérer l’arrière. L’adversaire doit choisir laquelle des deux pièces sauver. C’est l’attaque découverte classique, gagnante de matériel.

Pièce intermédiaire qui donne échec ou mat. Le cas le plus violent : l’adversaire est forcé de répondre à l’échec, ce qui sauve la pièce intermédiaire automatiquement, et l’attaque arrière se concrétise au coup d’après.

Comment l’exploiter

L’attaque découverte se prépare souvent à l’avance. Il faut placer la pièce arrière sur la bonne ligne, attendre que la pièce intermédiaire ait une raison de bouger, et calculer le coup gagnant.

Position de l'attaque écossaise. Si Blanc joue Ff5, la pièce attaque une cible (le fou en c8 si présent), et le mouvement libère la dame en d1 sur la colonne d. Mais ici Noir n'a pas de pièce critique sur d ; cherchez d'autres formations.

Trois techniques pour préparer une attaque découverte :

Aligner la pièce arrière à l’avance. Mettre votre dame ou votre tour sur une colonne qui pointe vers une cible adverse, même quand votre propre pièce la masque. Si l’adversaire ne s’en aperçoit pas, vous tirerez le coup au moment opportun.

Forcer la pièce intermédiaire à bouger. Beaucoup d’attaques découvertes se déclenchent parce que l’adversaire menace votre pièce intermédiaire et la force à fuir. Choisissez la fuite qui fait travailler la pièce arrière.

Préparer un sacrifice de la pièce intermédiaire. Si votre pièce intermédiaire peut sauter sur une case dangereuse mais où l’adversaire ne peut pas la prendre (sous peine de perdre la pièce arrière), vous gagnez la partie même au prix d’un sacrifice apparent.

Échec découvert et échec double

Deux variantes méritent leur propre nom et chacune un article dédié.

L’échec découvert survient quand la pièce arrière donne échec en se révélant. La pièce intermédiaire peut alors aller n’importe où sans crainte : l’adversaire est obligé de répondre à l’échec, et tout ce que la pièce intermédiaire capture en passant est gagné.

L’échec double est le cas extrême où les deux pièces donnent échec en même temps : la pièce qui bouge ET la pièce révélée. C’est le seul type d’échec qui ne peut pas être paré par interposition ou capture, parce qu’aucun coup ne peut résoudre deux échecs simultanément. Le roi adverse doit bouger.

Comment s’en défendre

Trois ressources pour parer une attaque découverte adverse.

Voir la configuration en place. Avant chaque coup, vérifiez si une pièce adverse à longue portée est alignée avec une de vos pièces, masquée par une pièce intermédiaire ennemie. Si oui, vous êtes potentiellement vulnérable à un découvert.

Bloquer la pièce arrière par interposition. Si vous pouvez glisser une pièce sur la ligne d’attaque, vous neutralisez l’attaque découverte avant qu’elle ne se déclenche.

Prévoir la fuite de la pièce intermédiaire. Si vous savez que l’adversaire prépare un découvert, anticipez le coup en plaçant vos pièces hors de portée des cibles probables.

Pour aller plus loin

L’attaque découverte se combine fréquemment avec le clouage, la fourchette et l’attaque double dans des combinaisons à plusieurs coups. Les variantes échec découvert et échec double sont traitées dans leurs propres articles. Le glossaire des échecs couvre les définitions courtes.