La défense Nimzo-indienne
1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cc3 Bb4. Défense moderne de Nimzowitsch. Cloue le cavalier blanc en c3. L'une des défenses les plus respectées contre 1.d4.
La défense Nimzo-indienne porte le nom d’Aron Nimzowitsch, le maître danois qui l’a popularisée dans les années 1920. Au troisième coup, Noir développe son fou en b4 et cloue immédiatement le cavalier blanc en c3. Cette nuance change radicalement la position : Blanc doit décider s’il accepte l’échange (qui crée des pions doublés en c2-c3) ou s’il préfère développer autrement. La Nimzo est devenue l’une des défenses les plus respectées au plus haut niveau du XXᵉ siècle. Tous les champions du monde l’ont employée. Sa réputation : extrêmement combative, théoriquement riche, et avec d’innombrables ressources dans toutes les positions résultantes.
En bref. Au troisième coup, Noir développe son fou en b4 et cloue le cavalier blanc en c3. Trois choix principaux pour Blanc : 4.Dc2 (la variante classique, qui maintient la coordination), 4.e3 (la variante Rubinstein, qui développe sans engager la dame), ou 4.f3 (la variante Sämisch, qui pousse pour gagner du temps). Variante extrêmement combative, l’une des plus jouées au plus haut niveau pendant un siècle.
L’idée derrière Bb4
Trois fonctions du fou en b4.
Cloue le cavalier en c3. Tant que le roi blanc reste en e1, le cavalier ne peut pas bouger sans découvrir une attaque sur le roi. Cette restriction empêche Blanc de pousser e4 rapidement.
Force un choix tactique blanc. Blanc doit décider : accepter l’échange par a3 Bxc3 bxc3 (qui crée des pions doublés et donne la paire de fous), ou éviter l’échange par Dc2, e3, ou f3.
Empêche la pousse e4. Sans le cavalier en c3 actif, Blanc ne peut pas pousser e4 au coup 4 ou 5. Cela retarde le plan classique blanc.
Les variantes principales
La variante classique (4.Dc2). Blanc maintient la coordination de ses pièces. Si Noir continue par 4...c5 5.dxc5, position où Blanc cherche à exploiter l’avantage de tempo. Variante populaire au plus haut niveau.
La variante Rubinstein (4.e3). Développement standard. Blanc développe son fou en d3 ou e2 et roque rapidement. Position calme avec léger plus.
La variante Sämisch (4.f3). Blanc pousse pour empêcher Cxe4 puis prépare e4. Position très tactique.
La variante Leningrad (4.Bg5). Le fou en g5 cloue le cavalier en f6. Variante moins jouée mais redoutable.
Le plan blanc dans la classique
Trois axes après 4.Dc2 c5 5.dxc5.
Maintenir la coordination. La dame en c2 défend le cavalier en c3 et empêche Noir de prendre.
Pousse e4. Une fois la coordination assurée, Blanc pousse e4 pour ouvrir le centre. Avec Cf3, e4, Bd3, O-O, position type avec léger plus.
Échange du fou. Si Noir échange par Bxc3 Dxc3, Blanc obtient la paire de fous et une structure compacte.
Le plan noir
Trois priorités.
Décider de l’échange. Si Noir échange par Bxc3 au coup 4 ou 5, il évite la complication de la position. Mais il sacrifie la pression sur le cavalier blanc.
Pousse c5. Pour attaquer le centre blanc et ouvrir le jeu.
Développement de l’aile-dame. Avec b6-Bb7, Cbd7, et O-O, Noir prépare son contre-jeu. Le fou en b7 est l’une des pièces principales.
Pour qui jouer la Nimzo-indienne (Noir)
Trois profils.
Si vous aimez les positions stratégiquement complexes où les nuances tactiques comptent, la Nimzo vous comblera. C’est l’une des défenses les plus profondes de toute la théorie.
Si vous êtes prêt à investir dans la théorie : la Nimzo demande de la mémorisation. Plusieurs lignes mènent à des positions étudiées sur trente coups.
Si vous êtes débutant ou si vous préférez les défenses claires, la Nimzo est complexe. Préférez le gambit dame refusé ou la slave.
Pour aller plus loin
La Nimzo-indienne complète les autres défenses indiennes : ouest-indienne, est-indienne, Grünfeld, Benoni, Benko. Pour des défenses fermées analogues, voir gambit dame refusé et slave. Le glossaire des échecs couvre les concepts liés.