Le gambit Benko

1.d4 Cf6 2.c4 c5 3.d5 b5. Sacrifice de pion à l'aile-dame pour ouvrir des lignes. Variante moderne, populaire chez les joueurs cherchant le déséquilibre.

Le gambit Benko porte le nom de Pal Benko, le maître hongrois qui l’a popularisé dans les années 1960. Au troisième coup, plutôt que la Benoni classique (e6), Noir pousse b5 et offre son pion. L’idée tient en deux points : ouvrir la colonne a et la grande diagonale a8-h1 pour le fou en b7 (préparé par fianchetto), et créer une pression continue sur l’aile-dame blanche. Le prix à payer est un pion, mais la compensation est durable. Le Benko est aujourd’hui l’une des armes principales contre les variantes Benoni et fermées au plus haut niveau amateur. Au championnat du monde, il est plus rare, mais reste l’arme de surprise efficace.

En bref. Au troisième coup, Noir pousse b5 et offre son pion. Si Blanc accepte par 4.cxb5 a6 5.bxa6 (la variante acceptée), Noir obtient une pression durable sur l’aile-dame en échange du pion. Si Blanc refuse par 4.Cf3 ou 4.a4 (la variante anti-Benko), Noir obtient une position type Benoni avec la pousse b5 déjà jouée. Variante très combative.

La compensation pour le pion

Trois éléments compensent le sacrifice.

Colonne a ouverte. Une fois b5 poussé puis capturé, la colonne a est ouverte. La tour noire en a8 (puis Tab8) descend cette colonne et menace les pièces blanches.

Grande diagonale a8-h1 libre. Avec le fianchetto en b7 (joué après g6), le fou noir contrôle la grande diagonale. Pression continue sur le centre blanc.

Activité de pièces durable. Le contre-jeu noir n’est pas immédiat : il se développe sur dix à vingt coups. Mais il dure : les Blancs doivent défendre activement pendant toute la partie.

Les variantes principales

La variante acceptée (4.cxb5 a6 5.bxa6 Bxa6). Variante classique. Position type Benko avec colonne a ouverte et fou en a6.

La variante anti-Benko (4.Cf3 ou 4.a4). Blanc évite la complication. Position type Benoni avec léger plus pour Blanc.

La variante moderne (4.cxb5 a6 5.b6). Au lieu de capturer en a6, Blanc renvoie le pion en b6. Position où Noir doit décider s’il prend le pion.

Le plan blanc

Trois axes principaux.

Défendre l’aile-dame. Avec Cc3, e3, Cf3, et roque, Blanc consolide son position. La défense passive est essentielle.

Pousse e4-e5. Au bon moment, Blanc pousse e5 pour ouvrir le centre et utiliser son avantage matériel.

Échanger les pièces actives noires. Plus la position se simplifie, moins le contre-jeu noir compte. Les échanges favorisent Blanc.

Le plan noir

Trois priorités.

Compléter le développement. Bg7, O-O, Bb7, Cbd7. Six à sept coups.

Pression sur la colonne a. La tour en a6 ou a8, soutenue par la dame en a5, attaque les pièces blanches.

Activité du fou en b7. Le fou doit rester actif sur la grande diagonale. S’il est échangé, le contre-jeu noir s’éteint.

Pour qui jouer le Benko

Trois profils.

Si vous aimez les positions très déséquilibrées avec contre-jeu durable, le Benko vous comblera. C’est l’une des défenses les plus combatives.

Si vous voulez jouer pour gagner avec les Noirs en compétition amateur, le Benko est très efficace. La position est difficile à défendre pour Blanc s’il ne connaît pas la théorie.

Si vous êtes débutant ou si vous préférez les défenses claires, le Benko est tactique. Préférez la Nimzo-indienne ou la slave.

Pour aller plus loin

Le Benko complète les autres défenses indiennes : Nimzo-indienne, ouest-indienne, est-indienne, Grünfeld, Benoni. Pour des défenses analogues avec sacrifice, voir gambit Evans et gambit du roi. Le glossaire des échecs couvre les concepts liés.