La défense Tarrasch (1.d4)

1.d4 d5 2.c4 e6 3.Cc3 c5. Défense d'attaque, Noir contre-attaque immédiatement le centre blanc. Pion isolé pour Noir, mais pièces actives.

La défense Tarrasch (à ne pas confondre avec la variante Tarrasch française) porte le nom du même Siegbert Tarrasch, le grand maître allemand. Au troisième coup noir, plutôt que Cf6 (gambit dame refusé) ou dxc4 (gambit dame accepté), Noir joue c5 immédiatement. C’est l’une des défenses les plus combatives à 1.d4. Tarrasch lui-même la considérait comme la meilleure défense possible : elle libère le fou en c8, contre-attaque le centre blanc, et donne aux Noirs des pièces actives. Le prix à payer : un pion isolé en d5 après les échanges, qui peut devenir une faiblesse en finale. Au plus haut niveau, la Tarrasch est rare mais reste l’arme préférée de plusieurs spécialistes du jeu actif.

En bref. Au troisième coup, Noir joue c5 et contre-attaque immédiatement le centre. Si Blanc continue par 4.cxd5 exd5 5.Cf3 Cc6 6.g3 (la variante Rubinstein, où Blanc fianchet son fou en g2), position où Noir a un pion isolé en d5 mais des pièces très actives. Variante d’attaque, pour les joueurs cherchant le déséquilibre.

Le pion isolé : risque et compensation

Trois conséquences de la pousse c5.

Pion isolé en d5. Après échanges (cxd5 exd5), le pion noir en d5 est isolé sur la colonne d. C’est une faiblesse structurelle : il ne peut pas être défendu par d’autres pions, et il devient une cible naturelle.

Pièces actives en compensation. Le fou en c8 peut sortir en f5 ou g4. Le cavalier en c6 est central. Les pièces noires sont mobiles.

Centre ouvert. La position résultante est très ouverte. Les pièces actives valent plus que la structure légèrement faible.

Les variantes principales

La variante Rubinstein (4.cxd5 exd5 5.Cf3 Cc6 6.g3 Cf6 7.Bg2 Be7 8.O-O O-O). Variante moderne. Blanc fianchet son fou en g2 pour pression sur le pion d5. Position type Tarrasch. Au plus haut niveau, c’est la ligne principale.

La variante classique (4.cxd5 exd5 5.Cf3 Cc6 6.Bg5). Le fou en g5 cloue le cavalier noir en f6. Position plus tactique.

La variante d’échange anticipée (4.e3). Blanc évite l’échange immédiat. Position calme avec léger plus pour Blanc.

Le plan blanc

Trois axes principaux.

Pression sur d5. Le pion noir isolé est attaqué par cavaliers, fous, et tours. Le plan classique : multiplier les attaquants jusqu’à ce que Noir ne puisse plus défendre.

Échanger les pièces actives noires. Plus la position se simplifie, plus le pion d5 faiblit. Les échanges favorisent Blanc.

Pousse e3 puis e4. Une fois le développement complet, Blanc peut pousser e4 pour ouvrir le centre et exploiter sa structure.

Le plan noir

Trois priorités.

Activité maximale des pièces. Cf6, Cc6, Be7 (ou Bd6), Bg4 ou Bf5, et roque. Six à sept coups.

Pousse d4. Si Noir parvient à pousser d4 au bon moment, le pion isolé devient un pion passé puissant. C’est le meilleur scénario pour les Noirs.

Attaque sur le roque blanc. Avec ses pièces actives, Noir peut générer une attaque tactique sur le roi blanc.

Pour qui jouer la Tarrasch (Noir)

Trois profils.

Si vous aimez les défenses actives où vos pièces sont mobiles dès le début, la Tarrasch vous comblera. C’est l’une des défenses les plus dynamiques contre 1.d4.

Si vous êtes prêt à accepter un pion isolé, la Tarrasch vous donne une position riche en compensations. Vous devez maîtriser la stratégie du pion isolani.

Si vous cherchez la solidité maximale, la Tarrasch n’est pas pour vous. Préférez le gambit dame refusé ou la slave.

Pour aller plus loin

La Tarrasch complète les autres défenses fermées : gambit dame refusé, gambit dame accepté, slave, semi-slave, Tchigorine. Pour les structures de pion isolani, voir pion isolé. Le glossaire des échecs couvre les concepts liés.