La défense slave
1.d4 d5 2.c4 c6. Défense solide au gambit dame. Le pion c6 soutient d5 sans enfermer le fou en c8. Très populaire au plus haut niveau.
La défense slave est, avec le gambit dame refusé, l’une des défenses les plus solides à 1.d4. Au deuxième coup, plutôt que e6 (refusé) ou dxc4 (accepté), Noir joue c6. Cette nuance change tout : le pion en c6 soutient le pion d5 sans fermer la diagonale du fou en c8. Le fou pourra sortir en f5 ou g4 plus tard. La slave est appréciée des joueurs cherchant la solidité structurelle sans le problème classique du fou enfermé. Plusieurs champions du monde l’ont employée : Capablanca, Botvinnik, Karpov, Kramnik, Anand. Au plus haut niveau, c’est l’une des défenses les plus fiables.
En bref. Au deuxième coup, Noir joue c6 (et non e6 ou dxc4). Le pion c6 soutient d5 sans enfermer le fou en c8. Si Blanc continue par 3.Cf3 Cf6 4.Cc3 dxc4 (la slave acceptée) ou 4…e6 (la semi-slave), position où Noir a plusieurs choix selon son tempérament. Variante très solide, l’une des plus jouées au plus haut niveau pour son équilibre solidité/dynamisme.
L’avantage de la slave
Trois éléments distinguent la slave du gambit dame refusé.
Le fou en c8 libéré. Sans pion en e6, la diagonale c8-h3 est ouverte. Le fou peut sortir en f5 ou g4 à tout moment. Solution au grand problème de la française et du gambit dame refusé.
La structure plus dynamique. Avec c6 au lieu de e6, Noir prépare des pousses différentes. La pousse e5 notamment est plus accessible.
La théorie respectée. La slave est l’une des défenses les plus respectées au plus haut niveau. Plusieurs lignes mènent à des positions étudiées sur trente coups.
Les variantes principales
La slave acceptée (3.Cf3 Cf6 4.Cc3 dxc4). Position où Noir a temporairement un pion en plus, mais doit le rendre. La théorie y est riche.
La semi-slave (3.Cf3 Cf6 4.Cc3 e6). Variante hybride entre slave et gambit dame refusé. Position avec pions noirs en c6, d5, et e6. Très solide.
La variante d’échange (3.cxd5 cxd5). Position symétrique avec léger plus pour Blanc.
La variante Botvinnik (3.Cc3 Cf6 4.Cf3 dxc4 5.a4 Bf5 6.e3 e6 7.Bxc4 Bb4). Variante très tactique avec pression mutuelle. Botvinnik la défendait dans ses matches championnat du monde.
La slave acceptée
La séquence canonique : 1.d4 d5 2.c4 c6 3.Cf3 Cf6 4.Cc3 dxc4 5.a4 Bf5 6.e3 e6 7.Bxc4 Bb4 8.O-O O-O. Position où Blanc cherche à exploiter son centre par e4 plus tard, et Noir développe son contre-jeu sur l’aile-dame.
Trois caractéristiques de la slave acceptée.
Pion a4 blanc. Empêche b5 noir, qui défendrait le pion c4.
Fou en f5 noir. Le fou actif sur la diagonale c8-h3. Solution au problème du fou enfermé.
Position équilibrée. Au plus haut niveau, la slave acceptée tient comme nulle dans la plupart des lignes principales.
La semi-slave
La séquence canonique : 1.d4 d5 2.c4 c6 3.Cf3 Cf6 4.Cc3 e6 5.Bg5 dxc4 6.e4. La semi-slave est plus complexe que la slave pure. Elle mène à des positions très tactiques où la moindre imprécision peut être décisive.
Cette variante a été popularisée par Botvinnik dans les années 1940. Aujourd’hui, elle est l’une des armes principales des Noirs au plus haut niveau, notamment dans la variante Moscou (5.Bg5 h6 6.Bxf6 Dxf6) et la variante Botvinnik (5.Bg5 dxc4 6.e4).
Pour qui jouer la slave (Noir)
Trois profils.
Si vous voulez une défense très solide à 1.d4 avec un fou actif, la slave est l’option principale. Le fou en f5 résout le problème classique des défenses fermées.
Si vous aimez les positions stratégiques où la structure compte mais où l’activité de pièces est possible, la slave vous convient. C’est l’équilibre idéal.
Si vous cherchez l’attaque immédiate, la slave peut sembler trop calme. Préférez la Nimzo-indienne ou l’est-indienne.
Pour aller plus loin
La slave complète les autres défenses fermées : gambit dame refusé, gambit dame accepté, semi-slave, Tarrasch, Tchigorine. Pour des défenses indiennes, voir Nimzo-indienne. Le glossaire des échecs couvre les concepts liés.